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L’Ukraine, une terre d’avenir

CCIG
Published on 06/04/2023
CCIGInfo Article

Un Market Focus, co-organisé par la CCIG et l’European Business Association, a permis de présenter aux entrepreneurs suisses le projet de Global Business pour l’Ukraine, créé en 1999 déjà. L’idée est de trouver des solutions aux problèmes communs affectant les entreprises en Ukraine.

Selon Anna Derevyanko, cofondatrice de Global Business for Ukraine (GB4U), « l’Ukraine constitue un marché à fort potentiel qui, une fois la guerre terminée, sera prédominant. Il ne faut pas craindre d’investir dans cette économie actuellement fragilisée, car son potentiel est fort, surtout si elle adhère à l’Union européenne. Au rang des success stories figurent déjà de grands noms tels que Kingspan, Nestlé, Bayer ou Lemtrans. Et différents facteurs indiquent la forte résilience économique dont font preuve les entreprises restées sur place (dont 99% continueraient à fonctionner).

Sa collègue Iaroslava Savastieieva a présenté une « carte des projets d’investissement* » en Ukraine. Cet outil met en avant des informations pour chacune de ses régions, avec 85 projets de reconstruction issus de 14 industries de tous types. Les opérations financières, investissement comme paiement de salaires, ont souvent perduré durant la guerre. Autant de signaux encourageants pour les investisseurs, malgré des difficultés inévitables dans le domaine de l’énergie et de la logistique ou les flux migratoires.

Virginia Pinder Laube, officier régional au Secrétariat d’Etat à l’économie SECO, rappelle que l’Ukraine est un immense pays, qui contient d’énormes ressources tant naturelles qu’humaines. Elle relève les leviers d’actions que peuvent insuffler les réformes en cours en Ukraine et ajoute que « Les défis sont d’assurer la stabilité et la prospérité au plan juridique et politique ». Il importe d’y croire, car c’est la seule possibilité de redémarrer une économie dynamique, basée sur les principes de marché aptes à séduire les investisseurs et sociétés étrangères. Avant la guerre, les investissements helvétiques s’élevaient à 2,5 milliards de francs. Les relations bilatérales se sont développées de façon très favorable.

Taras Antoshchak, premier secrétaire de l’ambassade d’Ukraine en Suisse, a parlé de résistance de l’économie ukrainienne après l’agression russe. « Il existe un potentiel de développement des affaires dans tous les domaines, si l’on se donne les moyens de repenser les échanges bilatéraux », a-t-il précisé. Il indique que l’Ukraine est ouverte à tout projet de coopération et que l’ambassade se tient à disposition des entreprises suisses intéressées.

Faire du business en Ukraine

Trois entrepreneurs actifs sur place ont pris tour à tour la parole. Kees Vrins, président d’Allseeds Switzerland, fournisseur de denrées alimentaires qui emploie 500 personnes en Ukraine, se réjouit que ce pays continue d’exporter des produits agricoles, malgré la destruction de nombreuses infrastructures. Il tempère ses propos en informant que la situation est difficile car beaucoup de marchandises arrivent tardivement, voire pas du tout. Si « théoriquement, tout est faisable, la réalité est autre, il est impossible de commercer et cela coûte cher. Mais si l’Ukraine tombait, la 3e Guerre mondiale serait en vue ».

Pour Andreas Flodström, CEO de Beetroot, « les plus grands défis sont de maintenir des activités florissantes dans un écosystème instable ». Spécialisée dans l’informatique durable, la PME suédo-ukrainienne compte 500 collaborateurs dans le pays. Elle compte sur son réseau et les forts besoins d’équipements que connaît l’Ukraine. Elle a même connu un taux de croissance de 7% en 2022 ! La « tech industry » croit très rapidement, en Ukraine, et la part de l’IT dans son PIB a énormément augmenté.

Aider et former les réfugiés ukrainiens

Inna Malaia-Iurlova, fondatrice et CEO de l’association Bevel (voir aussi ci-dessous), a présenté un programme exclusif de formation et de soutien pour les réfugiés ukrainiens. Ces professionnels pourront ainsi favoriser la reconstruction de l'Ukraine. Deux promotions réussies de ce programme ont déjà aidé leurs diplômés à trouver du travail en Suisse. « La résilience, l'autonomisation et l'amélioration des compétences : telles sont les principales étapes du parcours des réfugiés », a-t-elle souligné.

Reborn for Ukraine est une association créée au début de la guerre et dont l’idée est également d’aider la diaspora ukrainienne en exil à trouver des moyens de reconstruire le pays et d’y retourner. Sa fondatrice, Nadiia Olarean, relève que « la plupart des 8 millions de réfugiés ont une haute qualification ».

Clôturant le séminaire, Vincent Subilia, directeur général de la CCIG, a indiqué que l’Ukraine méritait d’être mise en lumière pour son économie et ses valeurs, et pas seulement en raison de la guerre. Il espère que la Suisse, et Genève a fortiori, tiendra un rôle central dans la résolution du conflit et de la reconstruction de l’Ukraine. Il informe aussi que « La Chambre est ouverte à l’embauche d’Ukrainiens pour soutenir leur intégration sur le marché du travail local, ce qui permettrait à la Suisse de se doter d’un réservoir de talents ».

* Investment map of Ukraine : https://investmentmap.com.ua


Les relations Suisse-Ukraine sous la loupe

En 2021, les exportations commerciales concernaient à 50% la pharma-chimie et les importations portaient à 25% sur les textiles (17% les produits alimentaires). Du côté des accords économiques, un certain nombre ont été signés à partir de 1996. C’est le cas de celui de coopération commerciale et de protection des investissements, de double taxation en 2002 et de libre-échange en 2012.


Une ambassadrice prometteuse

Natalia Gorbachenko a participé au Market Focus sur l’Ukraine. Elle suit l’un des modules de formation de Bevel, acceptant même d’en être ambassadrice. Elle est actuellement titulaire d’un permis S et réside dans la ville vaudoise d’Aigle. Quand elle travaillait à Odessa, elle a notamment été Senior commercial administrator à SGS Ukraine entre 2004 et 2010, puis Business Owner à Event & SMM Planner entre 2010 et 2022. Un parcours qui lui a permis d’acquérir une solide expérience dans la planification de campagnes, ainsi que dans la création de contenus.

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