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Genève est solide, mais pas insubmersible face aux crises

CCIG
Published on 08/12/2021
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 « Genève est-elle prête pour la prochaine crise ? » : le titre de l’Etude économique 2021 est parfaitement dans l’air du temps. Réalisée par l’Institut de recherche appliquée en économie et gestion (Ireg), elle a été présentée ce mardi soir à l’Evénement économique au Four Seasons Hotel des Bergues. Quatre personnalités issues de l’économie et de la santé ont ensuite, tour à tour, donné leur point de vue.

Première oratrice, la professeure Samia Hurst-Majno, vice-présidente de la Swiss National Covid-19 Science Task Force, était interrogée sur la pesée d’intérêts entre l’économie et la santé. A ses yeux, il n’y a pas d’incompatibilité, au contraire : « la pandémie tue l’économie bien plus sûrement que les mesures prises pour la combattre », a-t-elle affirmé. Une étude américaine qui s’est intéressée à la grippe espagnole avait déjà révélé que les villes qui ont agi de manière forte et rapide pour lutter contre la transmission de la grippe s’en étaient mieux sorties économiquement à moyen et long termes. La professeure a aussi relevé que, lors de la première vague du Covid, c’est avant tout l’effondrement de la demande qui avait provoqué les baisses de chiffres d’affaires. Pour elle, l’intrication entre santé et économie est beaucoup plus étroite que ce qu’on pourrait imaginer de prime abord. « C’est une bonne nouvelle, dit-elle. En agissant pour protéger la santé, on va aussi protéger l’économie, au plan macro. »

A la tête de la Direction générale du développement économique, de la recherche et de l’innovation de l’Etat (DGDERI), Alexandre Epalle a donné une analyse de terrain de la « crise en V » que Genève a traversée. Il se veut prudent quant à l’analyse de certaines statistiques. « La baisse de fréquentation de nos restaurants est-elle due plutôt à l’accès restreint des pass Covid, à une peur des gens de fréquenter un lieu public ou à un réel changement d’habitude du consommateur ? », a-t-il avancé. Autre aspect évoqué : la panique dans laquelle tout le monde s’est trouvé au début de la pandémie. Il a fallu agir extrêmement vite pour sauver des entreprises qui se retrouvaient dans des situations dramatiques : « Au-delà des chiffres macro, tels le PIB, il y avait le côté très humain de la crise ». Pour Alexandre Epalle, la question à se poser pour le futur est : comment est-il possible de réagir à une crise de ce type-là en ayant une politique plus spécifique, adaptée à tel ou tel secteur ?

A son tour, Olivier Straub, Chief Government Affairs Officer de MSC, s’est montré assez nuancé sur les leçons tirées de l’actualité : la prochaine crise ne sera sans doute pas similaire, « elle sera peut-être technologique, avec un piratage informatique d’ampleur mondiale, ou environnementale, avec la disparition possible du Gulf Stream et les effets écologiques qui en découleraient ! » Dans l’idéal, il faudrait, selon lui, une cellule de crise mondiale. L’autre piste qu’il a avancée est une meilleure coordination des informations officielles à l’échelle planétaire pour éviter au maximum la propagation de fake news : « On doit donner plus de temps aux scientifiques pour s’exprimer ». En conclusion, Olivier Straub a même lancé une idée iconoclaste : faire appel à des auteurs de science-fiction pour imaginer des scénarios possibles pour les prochains combats, comme la France le fait dans le cadre de son ministère de la Défense.

Dernière spécialiste à s’exprimer, Anne-France Borgeaud Pierazzi, Head of Public Affairs de l’IMD, a présenté le World Competitiveness Ranking 2021. Le 1er rang atteint par la Suisse témoigne de sa capacité de résilience. Néanmoins, parmi les faiblesses du pays, on relèvera le coût de la vie ou le vieillissement de sa population. Des points largement contrebalancés par ses atouts tels que la collaboration entre les entreprises et les universités. Autre point réjouissant, le positionnement de trois villes suisses – dont Genève – dans le top ten du Smart City Index 2021. « A mes yeux, nous devons plus que jamais miser sur la formation continue en entreprise, sur l’économie domestique et maintenir nos infrastructures à niveau », a-t-elle conclu.

Le CCIGinfo de janvier 2022 reviendra plus en détail sur les différentes interventions.

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