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On ne peut vouloir tout et son contraire !

Alexandra Rys
Published on 11/02/2020
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Le scrutin du 9 février a confirmé ce que laissait présager celui de l’automne dernier: une majorité de Genevois n’aiment pas la densification telle que le suggèrent les autorités. C’est pourtant la manière la plus raisonnable d’éviter un mitage du territoire, autrement dit de construire un peu partout sur le canton au gré des rares opportunités. Car c’est un fait : Genève doit encore rattraper le retard pris dans la production de logements. Il y a de la demande dans toutes les catégories et celle-ci est trop forte pour que les autorités attendent passivement que leurs voisins français ou vaudois accordent asile à nos concitoyens ! S’y ajoute la pression de Berne pour construire sur des parcelles urbaines en évitant légitimement de sacrifier des terres agricoles. L’enjeu est de taille pour le Genève : avec l’exil d’un tiers de ses actifs, entre 530 et 700 millions de francs lui échappent annuellement.

Et si les nouveaux quartiers sont proposés en bordure immédiate de la ville, c’est que l’habitat doit se trouver à proximité de pôles de transports publics, qu’il s’agisse des trams ou du Léman Express. Ceci pour éviter de démultiplier les trajets en voiture individuelle. Avant même l’invention du concept d’« urgence climatique », c’était une question de simple bon sens !

Beaucoup d’opposants ont surtout été mus par la crainte de voir s’ériger des immeubles disgracieux. Et il est vrai que le canton compte quelques singuliers ratages. La CCIG, comme d’autres, postule qu’il est pourtant possible et pas nécessairement onéreux de construire des logements conçus intelligemment, c’est-à-dire avec espaces communs, balcons et autres aménagements qui rendent plaisante la vie dans un immeuble et dans un quartier.

Le paradoxe saute aux yeux : une majorité de citoyens veut construire du logement abordable à en croire l’acceptation, à Genève, de l’initiative fédérale de l’ASLOCA. Mais elle ne veut pas donner à ces constructions l’autorisation de voir le jour. A Cointrin, il y avait une occasion de réaliser progressivement 2300 logements sur 30 ans : idée enterrée. Il faudra désormais de l’imagination et une bonne dose de concertation persévérante pour infléchir la tendance et éviter que ce ne soit le canton tout entier qui soit enterré.

 

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